A l’occasion de son deuxième anniversaire, le Collectif Civil Pour les Libertés Individuelles, dont le Réseau Doustourna est membre, a organisé le Mercredi 7 février 2018 une conférence de presse pour présenter son rapport intitulé : Etat des libertés individuelles 2017 : Les violations continuent et s’intensifient … 

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Ce Collectif Civil Pour les Libertés Individuelles formé en 2015, est un rassemblement informel d’organisations et d’associations de la société civile, né d’initiatives plurielles et de mobilisations convergentes autour d’une cause commune : défendre les libertés reconnues et garanties par la constitution du pays adoptée le 27 janvier 2014.

Durant cette conférence de presse, des représentants du collectif ont présenté le rapport publié par le CCLI en se concentrant sur l’exposition de principales violations des libertés individuelles enregistrées tout au long de l’année 2017 notamment :

-Les violations des libertés sur la base de la protection des bonnes mœurs et de la pudeur,

-Les violations des droits des mineures en les mariant avec les adultes avec lesquels elles ont eu des relations sexuelles prétendument consenties,

-Les violations commises sur la base de l’orientation sexuelle et de l’expression du genre,

-Les violations du droit des tunisiennes au libre choix de leurs conjoints,

-Les violations liées à la liberté de conscience.

Selon le CCLI, quatre années après la promulgation de la constitution consacrant la liberté de de conscience, l’égalité de toutes et de tous devant la loi sans discrimination aucune, la garantie par l’Etat des libertés et des droits individuels et publics, la garantie de la dignité humaine et de l’intégrité physique ainsi que la protection de la vie privée, de l’inviolabilité du domicile, de la confidentialité des correspondances, des communications et des données personnelles, la situation semble plutôt inquiétante puisque les autorités continuent à interpeller, arrêter, condamner et à mettre en prison des tunisiennes, des tunisiens, des non-tunisiennes et des non-tunisiens sur la  base de pratiques policières et judiciaires  et de textes juridiques anticonstitutionnels.

Des exemples et des affaires illustrant ces violations ont été cités comme : le mariage d’une enfant de 13 ans à son violeur au Kef, l’affaire du « bisou » fatal à Gammarth, l’acharnement policier sur les femmes ainsi que les membres de la communauté LGBTQI et le test de la honte (test anal), les meurtres homophobes, etc.

Le collectif a par la suite présenté ses recommandations ainsi que ses défis et priorités pour l’année 2018 :

-La poursuite du travail de plaidoyer entrepris pour mettre terme définitivement à la pratique du test anal et obtenir l’abrogation de l’article 230 du Code Pénal ;

- La reprise de travail de plaidoyer pour la refonte de la loi relative aux stupéfiants ;

-La veille à la mise en application de la Convention 108 du Conseil de l’Europe sur la protection des données à caractère personnel ;

-La veille à la mise en application de la Convention de Lanzarote, relative à la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels ;

-La continuation du recensement des circulaires liberticides et l’engagement d’actions en justice contre ces textes.